Le 20 août prochain, la perche féminine est de retour à Athletissima. En 2020, c’est à Lausanne que l’athlète du LC Zürich avait battu son record personnel de l’époque (4m64).
“Athletissima fait partie de mes premières expériences en Diamond League, j’y avais aussi sauté en 2019, j’ai eu la chance de pouvoir être invitée en tant que jeune Suissesse », se souvient la perchiste, quatrième des Jeux olympiques de Paris 2024 et ambassadrice d’Athletissima.
La détentrice du record de Suisse de la discipline avec une barre franchie à 4m88 en juillet 2024, utilise entre dix et douze perches différentes lors de ses compétitions, avec celles prévues pour l’échauffement. Avant de s’envoler à Lausanne, la perchiste de 27 ans décortique son saut en trois phases:
La course d’élan
“C’est un sprint d’environ 37 mètres, où il est vraiment très important d’avoir beaucoup d’énergie, il faut emmagasiner le plus de vitesse possible lors de cette phase d’élan afin de donner le maximum d’énergie possible à la perche. L’élan était mon point faible et depuis que je m’entraîne avec Adrian Rothenbühler (ndlr : l’ancien coach des soeurs Kambundji et du relais 4×100 m femmes collabore avec Angelica Moser depuis 2022), j’ai beaucoup travaillé sur ce sprint. Grâce à ces progrès, je produis davantage d’énergie cinétique à l’approche, que je peux transférer à la perche pour me propulser au-dessus de la barre. Cette course d’élan est capitale : tu sais directement selon ta vitesse si tu vas réussir à franchir une barre haute ou non.”
Le point zéro
“Le point zéro, c’est là où se trouve le butoir (ndlr : souvent en métal), là où on plante la perche. C’est un trou de 20 centimètres de profondeur et à c’est à ce moment-là, qu’en tant que perchiste, on va mettre l’énergie dans notre outil. On peut déplacer la barre transversale à franchir : de 0 (donc juste au-dessus du butoir) à 80 centimètres dans la direction de la zone de réception ou d’atterrissage, afin d’optimiser la trajectoire du saut. Généralement, on déplace la barre entre 50 et 80 centimètres. Cela va dépendre du vent, de sa condition, mais aussi de la perche choisie. Quand j’opte pour une perche un peu plus dure, par exemple, je vais avoir tendance à avancer un peu la barre.”
L’envol
Au décollage, il faut donner toute l’énergie directement à la perche, ni à droite ni à gauche, afin de profiter de cette énergie au moment du “renversé”. Là, c’est le moment où tu mets la tête vers le bas pour franchir la barre dans les airs. C’est une partie technique où mon passé de gymnaste me donne un avantage concurrentiel sur mes adversaires. Après avoir franchi la barre, quand tu vois qu’elle a tenu, tu peux déjà commencer à célébrer pendant les quelques secondes de chute libre avant de retomber sur le tapis. C’est très grisant !”